Région de traditions et de légendes aux sites exceptionnels, la vallée de la Soummam est, sans aucun doute, une enclave dotée par la nature de toutes les merveilles. Pour son accueil chaleureux, ceux qui l’ont visitée gardent d’elle de bons souvenirs et ne se privent pas de revenir. Elle offre aux visiteurs la richesse et la beauté de ses villes et villages aux ruelles proprettes.

La vallée de la Soummam s’étend depuis la plaine de Bouira, sillonne la chaîne de montagnes du Djurdjura, avant de se jeter dans les bras de la majestueuse ville de Béjaïa. C’est une région qui ne cesse d’émouvoir et d’éblouir des milliers de visiteurs aimant le tourisme vert apanage de ses merveilleux sites. Comme localités de transhumance, des millions de touristes en traversant ses villes et village pour se rendre aux stations balnéaires de Béjaïa et Jijel restent les yeux écarquillés devant tant de beauté.   En descendant de M’Chedallah, le fleuve à l’eau scintillante déroule ses méandres dans des décors contractés, de la haute vallée de la Soummam (Tazmalt) jusqu’au piton d’Akbou (pic rupestre). Si en été un filet d’eau douce ruisselle comme un serpent, en hiver, insolents furent les torrents déchaînés qui font un bon nettoyage en emportant dans leur sillage tous les immondices déversées tout au long de l’année. C’est à Akbou que ce fleuve s’agrandit avec les jetées de ses deux affluents, à savoir l’oued Boussellam qui démarre d’Ain Roua, dans la wilaya de Sétif, et l’oued Igram dévalant des confins du Djurdjura. En remontant à droite l’oued Boussellam, le visiteur découvrira un site magnifique. Si les infrastructures sont restées encore à l’état primitif avec le vieux bâti et les chemins étroits, le site est un endroit de tout repos dans les bras de Dame nature qui lui a façonné un environnement sauvage des plus subtils. La station thermale Sidi Yahia El Aïdli est réputée pour ses eaux bouillantes et  bienfaitrices qui soulagent plusieurs maux. Ses maisonnettes au charme éblouissant construites sur des rocs, malgré le poids des âges, car datant de l’ère coloniale, tiennent encore le coup et charment leurs hôtes. Ses flancs escarpés et boisés, tantôt pittoresques tantôt rupestres, ses grottes féeriques, ses eaux thermales sont d’autres atouts que recèle la station qui attire de plus en plus de visiteurs et qui invite à marquer une halte.  En continuant l’ascension vers Boussellam de quelques centaines de mètres, le randonneur au détour d’un virage butera nez à nez avec un petit océan d’eau qui fait déjà parler de lui. Récemment rempli d’eau, le barrage Tichy Haf, car c’est de lui qu’il s’agit, a formé déjà une clientèle assidue allant de pécheurs à la canne aux visiteurs se rendant pour chercher paix et tranquillité loin du stress, des encombrements des piétons et des voitures, et la pollution de la grande ville, tant que le calme est si doux dans cet endroit magique. Le retour se fait immanquablement par Akbou, une ville qui brille de mille feux et qui languit au soleil brûlant de l’été. Le tronçon de la RN26 qui le traverse forme un couloir distribuant des commerces de détails et de gros à droite comme à gauche. A la sortie, l’imposante zone industrielle s’étalant sur 25 ha, ses unités de production, spécialisées pour la plupart dans l’agro-alimentaire, offrent 2.500 emplois, atténuant le chômage dans la région. Qui dit mieux ?

Le 20 Août 1956, l’escale historique incontournable

On laisse Akbou pour Ouzellaguen. Ça vaut bien le coup de se projeter des années en arrière sur l’histoire, en visitant ce berceau de la résistance qui rappelle que c’est à Ifri que des hommes, comme Abane Ramdane, incrustés de la fibre nationaliste avaient jeté les bases organisationnelles de la révolution algérienne un certain 20 août 1956. Là-haut sur la montagne qui regorge de points d’eau et d’une vue imprenable sur la vallée, fut construit le musée, sur le lieu même où sont réunis les chefs historiques. La maisonnette qui a abrité les congressistes gardant encore son ardeur témoigne de la foi inébranlable et la détermination des moudjahiddines à vaincre ou mourir, mais ne cédant pas un pouce du territoire. Au prix de 7,5 ans de guerre laissant chahids, veuves, orphelins et mutilés, ils ont arraché durement et chèrement l’indépendance. L’histoire sera revisitée, cette semaine, dans cette région qui se prépare à recevoir les délégations qui se rendront à Ifri, à l’occasion de la commémoration du 56e anniversaire du congrès de la Soummam.  De l’histoire aux fruits du terroir. Célèbre pour ses cafés-restaurants et ses étals de fruits exotiques exposés tout le long des accotements de la route, notamment les figues de barbarie (akermous en kabyle ou el-hendi en Arabe), le tronçon de la RN26 allant de Bouthagouth jusqu’à Sidi Aïch en passant par Takarietz s’est fait une vocation et une réputation en été. Sur ledit tronçon, on y trouve plusieurs points de vente de la figue de barbarie. Ce fruit ancestral est planté dans des endroits accidentés ou la terre est inculte ne permettant pas d’autres cultures. Le cactus est choisi non seulement pour ses rendements très élevés et ne nécessite aucun entretien, mais aussi il est utilisé comme clôture et brise vent. Le lieu dit Maâkel est l’endroit le plus important où se vend ce fruit réputé comme épineux à l’extérieur, mais possédant à l’intérieur des grains et une pulpe juteuse et fondante. Aux abords de cette route, des dizaines de jeunes gentils et sympathiques accueillent les voyageurs dans les trois langues (kabyle, arabe et français) et avec un sourire commercial digne des grands centres commerciaux. Concurrence oblige, chacun fait connaître les vertus et la qualité du fruit ainsi que le prix d’un récipient plein.

Les fruits ancestraux, l’autre richesse

Autre fruit exotique et ancestral très répandu dans la région, il s’agit de la figue fraîche (lekhrif ou lbakhsis). Elle a un double avantage : elle est cueillie en août comme fruit et de par son goût savoureux et succulent et sa richesse en calories, les gens ont une préférence pour elle et se passent des autres fruits de saison. A la fin de la saison, elle est récoltée comme figues sèches (Thazarth). Si elle est bien conditionnée, le produit obtenu se conserve jusqu’au mois de juin, soit 10 mois. La cueillette, en raison des chaleurs, ce fait le matin de bonheur ou les après-midi. La production est étalée sur des tapis en roseau ou en oléastre (Thadhkants) et exposée au soleil jusqu'à ce qu’elle sèche, puis elle est triée en variété, en fonction du calibre et du type. Le premier choix est vendu à des commerçants. Autrefois, la vallée de la Soummam, notamment Seddouk et Sidi Aïch, pullulait de docks agro-alimentaires qui faisaient à la fois le traitement, le conditionnement et l’exportation du produit vers l’Europe. Le deuxième choix est gardé dans des grandes jarres (Akoufi) pour les besoins de consommation familiale durant l’hiver. Enfin, le dernier choix est destiné pour l’alimentation du bétail comme aliment d’engraissement. Sur l’axe entre Il-Maten et Béjaïa, les étals changent de décors. Ils sont garnis de fruits variés comme la pomme, la poire, le melon, la pastèque, le raisin… etc., les plus illustres comme légumes exposés à la vente en détails ou en gros sont la pomme de terre et l’oignon. Au niveau des étals, des véhicules toutes immatriculations confondues, nationales ou étrangères, s’arrêtent sur les larges accotements. Les clients pour la plupart des touristes ou simples vacanciers s’approvisionnent en fruits du terroir de saison. En empruntant cette route, les visiteurs remarquent les villages kabyles disséminés sur les crêtes ou les flancs des collines situées sur les deux rives et surplombant la vallée. Comme des forteresses inexpugnables possédant un patrimoine naturel qui leurs confère le label des terroirs au riche passé historique. Leurs maisons anciennes construites avec de la pierre locale et charpentées avec de la tuile traditionnelle, leur physionomie typique et un minaret au centre leur donne une gracieuse silhouette. Appelés aussi villages fleuris en raison des peintures bigarrées des maisons. On arrive à la capitale des Hammadites. Au détour d’un virage la coquette ville de Béjaïa toute rayonnante se languit au soleil de l’été. Enserrée entre la mer et la montagne et située au piémont de l’imposante montagne féerique de Gouraya ou la sainte Yemma Gouraya a bâti sa citadelle à partir duquel et d’une vue imprenable sur la mer, veille sur la majestueuse ville Bougiote où se sont donnés rendez-vous toutes les couleurs vives de la nature.  La vallée de la Soummam, lieu de villégiature par excellence réputée pour son tourisme vert et thermal, son nom est inscrit en lettres d’or dans l’échiquier du tourisme national grâce aux millions de visiteurs qui lui rendent visite chaque année, émigrés, étrangers ou les voyagistes  vers les villes et côtes de Béjaïa et Jijel.

 

L. Beddar

 

 

Vallée de la Soummam : Dotée de sites paradisiaques et accueillante à souhait

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