Les vingt textes qu’on va lire ici sont le résultat d’une activité scientifique constante qui s’est traduite par un colloque sur La Chanson dont la problématique a été dégagée dès le début de l’année 2008.
Cela se fit à la MSH Paris Nord, dont le conseil scientifique a validé et soutenu l’événement. Puis vint l’université Paris 8, avec l’équipe Erasme (UFR 3, département « Euro-Méditerranée Monde maghrébin ») qui s’associa au projet. L’association Génériques, enfin, qui préparait une exposition d’envergure (Générations. Un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France) s’y impliqua très sérieusement1. Ce fut grâce à cette collaboration et à ce partenariat large que le colloque a pu avoir lieu les 12 et 13 février 2010 dans les murs de la jeune et prestigieuse CNHI (Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Porte Dorée, Paris 12e).

LA PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE ET LE CONTEXTE

Le colloque porte sur une thématique qui commence à intéresser le monde académique. Il a pour but de faire émerger et confronter différents points de vue sur la chanson kabyle en France et la mémoire de l’immigration. Au-delà des problèmes théoriques qu’elle pose, une telle thématique constitue à proprement parler un gisement considérable en matière de travaux d’approche théorique et de reconnaissance d’un patrimoine qui gagne à être reconnu. La valorisation des fonds archivistiques sonores, qui pourrait en découler, doit se coupler autant que possible avec la collecte de témoignages oraux auprès des acteurs eux mêmes, s’ils sont vivants, ou auprès de ceux qui ont connu ces derniers.
Par ailleurs, le contexte n’est pas anodin quand on sait que l’année 2008, au cours de laquelle est consacrée la préparation de cette manifestation scientifique, est placée sous le signe d’une double célébration internationale d’envergure. Premièrement, l’Unesco a lancé un événement dénommé 2008, Année internationale des langues. Deuxièmement, la commission européenne a déclaré l’année 2008, Année Européenne du Dialogue Interculturel. Enfin, la CNHI en collaboration avec Génériques a préparé pour l’année suivante une exposition intitulée Générations. Un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France.
Pour ce qui nous concerne il y a lieu d’effectuer un travail à la fois d’histoire et de mémoire sur l’immigration d’un pays colonisé jusqu’en 1962, date de l’accès de l’Algérie à l’indépendance, puis sur la même immigration dans la période suivante quand le pays est devenu
souverain, et partenaire à plus d’un titre de la métropole.
L’enregistrement de la chanson algérienne kabylo phone sur des disques 78 tours a démarré de manière significative aux alentours de 1930, avec un public de plus en plus attentif. Les années 1930-1931 sont un
repère pour l’histoire de l’immigration algérienne en France. Aux alentours de cette date charnière, les techniques d’enregistrement sonore assurant la durabilité des contenus vont servir de départ à une approche
scientifique de l’oralité pourvoyeuse de corpus, sous forme parlée et musicale2

 
LES OBJECTIFS DE LA MANIFESTATION
 
L’objectif global étant de faire connaître l’histoire culturelle de L’immigration algérienne (et kabyle en particulier) en France à travers la chanson discographique, les lieux de représentation, les acteurs de la production littéraire et artistique. Il s’agit là d’établir un programme axé sur des objectifs de connaissance.
L’autre objectif porte sur la mémoire. Celle-ci, malgré son côté subjectif (Paul Ricoeur), a pour fonction de tirer de l’oubli ce qui peut être préservé dans l’histoire individuelle et/ou collective. C’est un travail indispensable qui ne peut être seulement auxiliaire pour l’historien.
Dans cette démarche il y aura lieu de porter à la connaissance du public les conditions sociales des travailleurs kabyles algériens, les débuts de la chanson kabyle discographique et son insertion dans la modernité,ainsi que les lieux de pratique et les acteurs qui se sont impliqués, à un degré ou à un autre, dans une construction d’une forme culturelle nouvelle. Il est souhaité que l’on accorde de l’intérêt aux médias de l’époque, comme la chaîne Radio Alger, ouverte à des programmes en kabyle et en arabe dès 1945 et qui fit connaître les nouvelles créations musicales.
Tout comme à Paris où les Emissions en langue arabe et berbère (ELAB) en faisaient autant. L’industrie du disque prenait en compte aussi la chanson kabyle, si bien que des productions d’artistes comme El Hasnaoui, Zerrouki Allaoua, Slimane Azem, ou Hanifa se trouvaient sur le marché. On pouvait aussi écouter au bistrot les disques et suivre collectivement des programmes kabyles autour d’un récepteur radio.

 

Lire l'intégralité du document en cliquant sur le lien ci-après:

https://drive.google.com/file/d/0BxpQvXYCt0g9U3hKSTNlWlFvWkU/view?usp=sharing

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