Mabrouk Belhocine, grande figure du bâtonnat, s'est éteint à Alger.
Grand militant du PPA/MTLD, Mabrouk Belhocine fait partie partie des premiers avocats algériens. Licencié en droit de l'université d'Alger, il s'est inscrit en juillet 1949 à l'ordre des avocats d'Ager.
Mabrouk Belhocine, une des grandes figures du bâtonnat d'Alger, s'est éteint à l'âge de 95 ans. Il est né à Chemini (Aït Waghlis) dans la wilaya de Béjaïa en 1921. Belhocine a écrit "Le Courrier Alger- Le Caire 1954-1956", paru à Casbah Edition, un livre épistolaire précieux sur la révolution algérienne. "Le devoir de mémoire à l'égard des héros et martyrs de la guerre de libération, le devoir de vérité à l'égard d'un grand peuple, interpellent acteurs et témoins de l'Histoire", avait-il écrit en avant-propos de cet ouvrage capital. Concernant les lettres publiés dans l'ouvrage, Belhocine rappelle qu'elles sont issues des archives de la Délégation extérieure au Caire, en octobre 1961.
L'homme et son parcours
Belhocine a milité entre 1946 et juin 1949 au sein du PPA/MTLD, où il a assuré la défense des victimes de la répression coloniale. En décembre 1954, il rejoint le FLN à Bejaia où il active jusqu'à mars 1956. A partir de cette date il rejoint la France où il milite au sein de la Fédération de France du FLN jusqu'à avril 1957, date à laquelle il gagne Tunis où s'est replié la direction du FLN après la terrible traque des réseaux de l'organisation menée à Alger par l'armée française.
De juin 1958 à décembre 1959, il est directeur du département qui deviendra le ministère de l'Armement. Puis de janvier 1960 à octobre 1961, il exerce les fonctions de SG adjoint du ministère des Affaires étrangères. De novembre 1961 à mai 1962, il est chef de la mission du GPRA en Amérique latine. En septembre 1962, il est député à l'assemblée constituante jusqu'au putsch du 19 juin 1965, date à laquelle il se retire des fonctions politiques pour se consacrer à son métier d'avocat.
Cependant en 1992, il a été un des membres de la commission d'enquête sur l'assassinat de Mohamed Boudiaf. C'est l'une de ses dernières activités publiques.
C'est un grand témoin de l'effervescence du PPA/MTLD qui vient de s'éteindre. Un homme qui avait connu et côtoyé Ali Laïmèche, Amar Ould Hamouda, Yahia Henine, Sadek Hadjrès, et bien d'autres figures nationalistes des années 40. Comme l'avait souligné Amar Ouardane, il a fait partie de cette génération de lycéens, issus des classes populaires, ayant rejoint les rangs du parti pour lui donner une nouvelle impulsion.
Hamid Arab
 

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