Pénétrante autoroutière de Béjaïa : Fin de creusement du tunnel de Sidi Aïch

 

La réalisation de cette partie sensible et importante du projet s’est faite au forceps après plus de six années de travaux qui ont beaucoup fait parler.

L’entreprise chinoise, CRCC, qui est en charge, avec la SAPTA, de la réalisation de la pénétrante autoroutière de Béjaïa, est arrivée, enfin, à terminer le creusement du deuxième tube du tunnel de Sidi Aïch, après avoir terminé le premier tube en juin dernier. Ce qui signe la fin de cette partie sensible et essentielle des travaux qui aura été des plus pénibles et des plus éprouvantes.

Elle a été surtout celle qui a retenu le plus l’intérêt de la population locale, notamment les usagers de la route, pour la raison que sans ce double tunnel, il ne saurait y avoir d’autoroute. L’annonce de ce bout du tunnel appelle, cependant, quelques observations.

Le double tunnel de Sidi Aïch aura ainsi pris, mine de rien,… 76 mois de creusement. Six années et plus d’un trimestre. Rien que cela. Sachant que chacun des deux tubes s’allonge sur un peu plus de 1600 mètres linéaires (ml), c’est donc une moyenne de seulement 43 ml qui sont creusés par mois. Ce qui illustre une cadence faible n’ayant pas permis d’avancer de plus d’un mètre et demi par jour dans les entrailles d’une terre capricieuse et à la roche friable.

La «méthode autrichienne» qui a été adoptée a dicté des mesures de précautions engagées avant le creusement en introduisant des tubes en acier et en injectant du béton dans le sol pour le conforter.

La nature fragile de la roche interdisait le recours aux explosifs, comme cela est d’usage dans ce genre de chantier. Les Chinois ont eu toutes les peines du monde à terminer ces travaux malgré le recours, en novembre 2019, à des foreuses importées, capables, avait-on annoncé, de creuser 15 mètres chaque jour. On y a vu d’ailleurs un sérieux motif d’accélération du chantier qui n’a que trop duré.

Depuis la mi-décembre dernier, où il ne restait aux foreuses que 190 ml à parcourir, on n’a pu forer qu’une moyenne de quatre mètres par jour. L’achèvement du creusement de ce deuxième tube devait intervenir vers la fin de l’année passée, comme annoncé par l’entreprise réalisatrice. L’arrivée des foreuses avait permis, faut-il le rappeler, l’espoir et les prévisions de terminer le creusement dans les cinq mois qui allaient suivre, soit au plus tard à la fin du printemps 2020. Mais le chantier a pris presque une année de plus.

Et comme si la situation déjà très peu satisfaisante du projet, qui a été impacté par la crise financière du pays, n’était pas suffisante, la crise sanitaire est venue la compliquer et s’ajouter à d’autres obstacles. Malgré cela, il est loisible de constater que le chantier n’est pas suffisamment doté en moyens, humains, notamment, comme l’exige l’urgence, de rattraper le grand retard.

 

Nouvelle inauguration

Toutefois, la fin du creusement des tunnels est, malgré les retards, une bonne nouvelle d’autant que le site n’a pas subi de dégâts, en évitant les risques d’affaissement et de fissurations qui menaçaient les habitations environnantes. Les deux tubes étant en voie d’être bétonnés, en plus de l’entame de l’opération d’équipement du premier tube, les autorités envisagent d’ouvrir un nouveau tronçon après avoir inauguré, en décembre 2020, la section de dix kilomètres entre le village agricole et Amizour.

Sans indiquer quelle serait ce prochain tronçon à ouvrir à la circulation ni sa longueur, le DTP explique, sur la page de la cellule de communication de la wilaya, qu’il s’agit d’éviter Takriets, là où se termine la pénétrante autoroutière, démarrant 48 kilomètres plus loin, à Ahnif (Bouira), et où les automobilistes vivent depuis des années le calvaire des encombrements stressants et interminables. Ainsi, on append donc qu’il y a possibilité d’un raccordement à la RN26. «On le fera prochainement», a indiqué le DTP, sans autre précision d’échéance, mais qui ne saurait être à très court terme. Et pour cause !

Si la prochaine section interviendra entre Akhnak et le village agricole, il faudra savoir que le taux d’avancement, hors ouvrages d’art, y est à près de 50% seulement, en plus des cinq oppositions qui constituent des obstacles sur le couloir Timezrit-Lota.

Il faut rappeler que le SG de l’Agence nationale des autoroutes avait annoncé que le projet de cette autoroute sera réceptionné vers la fin de l’année en cours «s’il n’y a pas d’obstacles», mais sans certainement sa partie reliant Amizour au port de Béjaïa, mise en veilleuse pour manque d’argent.

EL WATAN

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