La question culturelle berbère fait émerger des problèmes d’importance qui n’on pas été abordés au congrès de février 1947 : quel nationalisme pour la libération de l’Algérie ; et avec quel allies ? Dérouté par la nouveauté des problèmes, la direction refuse toutes discussions. Les opposants mettent alors en cause le fonctionnement interne de la partie, l’absence de démocratie, la promotion de l’élément les plus conformistes de november1946 à mars 1949, la méfiance gagne de proche en proche et obère les rapports à tous les niveaux de l’appareil. Les arrestations successives d’Amer Ould Hamouda, Omar Oussedik et Omar Boudaoud vont l’attiser. Des étudiants, Ait Medir Hadjerés et Mabrouk Belhoucine, sont convaincus qu’ils ont été livrés à la police.
Une question se pose : le mouvement berbériste s’est – il constitué en fraction à l’intérieur de P.P.A pour y développer une politique concertée à tous les niveaux ? Messali y répond positivement : (grâce au clan Lamine–Bouda, les berbéristes, grands et petits, pénétraient dans le corps du partie, un peu partout comme un microbe dans un corps déjà affaibli. ils se déplacèrent facilement et allèrent ainsi semer le virus dans toute la France [1]… A vrai dire, pendant quelque temps, ils étaient les maîtres  du partie.)
Certes les documents saisis par la police sur Bennai Ouali, arrêté à Oran alors qu’il s’embarquait à destination de la France à l’insu du partie, constituent des preuves de l’existence d’une fonction. Mais la question n’est pas épousée pour autant : on ne sait pas quand cette fraction s’est constituée et à quelle fins. Sur ces points précis, les documents disponibles ne permettent pas de trancher. Et c’est l’attitude des protagonistes face à la direction du P.P.A qui nous permet de juger des buts du mouvement berbère.
Ce mouvement n’est pas homogène, sa tactique et ses buts ne sont pas identiques dans l’émigration algérienne en France et en Algérie.
En France, Rachid Ali Yahia, élu au comité fédéral par le congrès de novembre1948 et appuyé par Bennai Ouali et Amar Ould Hamouda, s’oriente vers la créations d’un mouvement populaire berbère (M.P.B) et lance ses partisans dans une épreuve de force avec la direction du P.P.A.M.T.L.D sur 32 membres du comité fédéral, 28 rejettent tout idée d’une Algérie arabe et musulmane et ce prononcent pour la thèse de l’Algérie algérienne. La crise prend l’ampleur au moment ou le P.P.A ouvre une souscription pour la Palestine.
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[1] Ouvrage de Mohamed Harbi « mirage et réalité »
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