Après l’assassinat d’ABBANE par un piège tendu qui a fonctionné au Maroc voici la déclaration du FLN insérée dans son organe centrale EL Moudjahid du 29 Mai 1958 où il titrait (voir ci-dessous) sur toute la largeur de la page  «ABBANE RAMDANE EST MORT AU CHAMP D’HONNEUR »[1]
  Le Front de Libération Nationale a la douleur d’annoncer la mort du frère Abbane Ramadane, décédé sur le sol national des suites de graves blessures reçues au cours d’un accrochage entre une compagnie de l’armée de libération Nationale chargée de sa protection et un groupe motorisé de l’armée française.
C’est en Décembre 1957 que le frère Abbane Ramdane  s’était chargé d’une mission importante et urgente de contrôle de l’intérieur du pays. Il réussissait à franchir avec beaucoup de difficultés les barrages de l’ennemi pour parvenir aux lieux qu’il s’était assigné. Sa mission se déroulait lentement et surement. Avec cette conscience et cette minutie que nos Djounouds ont eu si souvent l’occasion d’apprécier. Abbane poursuivait sa tache journellement .Contactant inlassablement l’armée et les commissaires politiques, il parcourait les zones dans tous les sens, entouré de l’affection et de l’admiration de tous ses frères .Une compagnie de Djounouds était spécialement chargée de sa protection et rien ne laissait prévoir l’accident brutal qui devait l’arracher à la ferveur de l’Algérie combattante.
Malheureusement, dans la première quinzaine d’Avril, un violent accrochage entre nos troupes et celles de l’ennemi devait mettre la compagnie de protection de notre frère Abbane dans l’obligation de participer à l’engagement .Au cours du combat qui dura plusieurs heures Abbane fut blessé .Tout laissait espérer que ses blessures étaient sans gravité. Entouré de soins vigilants, nous espérions que la constitution robuste d’Abbane finirait par l’emporter.
Pendant des semaines, nous sommes sans nouvelles persuadés cependant qu’il triompherait une fois encore de l’adversité .Hélas ! Une grave hémorragie devait lui être fatale.
C’est la triste nouvelle qui vient de nous parvenir.
La belle et noble figure d’Abbane Ramdane, son courage et sa volonté ont marqué les phases essentielles de la lutte du peuple Algérien.
Né en 1919, ancien élève du collège de Blida, doué d’une solide culture, il était dés 1946, membre du MTLD. Il se distinguait rapidement par ses qualités d’organisateur, devenait membre du comité central et chef de la wilaya de l’est (A l’époque nord constantinois).
Impliqué dans le « complot » dit du constantinois, il était arrêté et condamné à six ans de prison, fin 1950. Son comportement courageux au cours de sa longue détention devait entrainer pour lui des déplacements continuels .commençait alors un long périple dans les prisons centrales de France et de l’Algérie.
Libéré en Février 1955, Il entrait immédiatement au front de libération nationale dont il devenait rapidement un membre dirigeant. A ce titre, il participait à l’organisation du congrès de la Soummam (Aout 1956). Désigné comme membre du comité de coordination et d’exécution, il s’installait à Alger. Avec les autres frères, il menait la « bataille d’Alger »de Décembre 1956 à Mars 1957.Echappant de justesse au général Massu, il quittait l’Algérie pour participer à la conférence du Caire en Aout 1957.
Le Front de libération Nationale perd un de ses meilleures organisateurs et d’Algérie combattante un de ses enfants les plus valeureux.
Nous pleurons un frère de combat dont le souvenir saura nous guider.
 

[1] Etant devenu le numéro un de la révolution Algérienne et n’est pas cependant l’homme à s’incliner. Il accuse ses compagnons, les qualifie de  « révolutionnaire de palace », les menaces de regagner le maquis en dénonçant leurs agissements. La tension monte dans l’organisme dirigeant du FLN elle devient même insupportable .Un piège est tendu et il fonctionne au Maroc ou il est assassiné par les siens.

 

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