Pays, paysages, paysans d’Algérie, par Marc Côte ou le regard de l’autre qui prend comme exemple les Ath Waghlis ou l’agriculture se pratique sur les hautes terres :
Choisis comme exemple typique d’organisation paysanne, les Ath waghlis est un nom de tribu pour ne pas dire un nom de lieu dérivé du nom d’un ancêtre lointain qui a imposé un type de vie conforme à un environnement naturel : flancs de montagnes descendant à l’oued Soummam dont le débit au fond de la vallée dépend de la pluviométrie.
Les Ath waghlis dont le chef-lieu, Sidi Aïch, est arrosé par l’oued, font patrie de la Petite Kabylie. Comme tous les villages anciens de la Kabylie, les villages des Ath waghlis s sont constitués d’un ensemble de maisons construites les unes à côté des autres. La mentalité ancienne voulait que la mitoyenneté fût de rigueur pour que la défense fût mieux assurée. Aujourd’hui, le modernisme a gagné du terrain si bien que les maisons se construisent un peu partout avec des matériaux plus solides.
De petites agglomérations urbaines constituées de nombreux commerces, habitations luxueuses, se créent le long des routes.
Ceux qui construisent sont généralement de grands commerçants installés dans les grands centres urbains, sinon des entrepreneurs ou des émigrés. C’est le cas d’un villageois qui, après 37 ans passés en France, est revenu avec un pécule qui lui a permis de construire une très belle maison au milieu d’un champ de deux hectares d’oliviers et de figuiers. En plus de sa retraite, il dispose de ressources importantes : des salaires de ses enfants vivant sous le toit paternel, des revenus de son moulin à huile.
Mais, nous sommes en Kabylie et l’agriculture ne peut pas répondre aux besoins alimentaires des populations.
Des jeunes diplômés, qui ont la chance de trouver un emploi, se suffisent à peine à eux-mêmes. Jadis, lorsqu’on parlait d’instituteur, c’était quelqu’un d’assez riche. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Un salaire ne peut pas faire vivre une famille. Ceux qui restent dans un village des Ath waghlis ou d’ailleurs ont cette possibilité de cultiver la terre, s’ils en ont, pour des cultures maraîchères.
Dans les montagnes de l’Aurès, les Hautes Plaines, la plaine de Remila, au nord de Batna et de Khenchela comme aux Ath waghlis, il fut un temps où les fellahs pratiquaient la monoculture céréalière : blé ou orge. Peut-être qu’il y avait moins d’espace en friche, des terres plus vastes à travailler et plus fertiles, une meilleure pluviométrie. Les Romains appelaient l’Algérie le grenier de Rome. On peut tirer, comme à Sétif, de grandes quantités d’eau des nappes phréatiques.
Il est vrai que l’Algérie recèle partout, sur les plaines littorales, les plaines intérieures et dans les  Hauts Plateaux des conditions de mise en valeur immenses.

Tag(s) : #AIT-DAOUD

Partager cet article

Repost 0