Au bord d’une courte falaise dont l’extrémité se pare de la modeste koubba sous laquelle repose le saint d’où lui vient son nom, Sidi-Aich encombre la route de son grouillant marché du mercredi et il n’ y a pas si longtemps de ses énormes entrepôts d’huile, de figues et de céréales en un mot de sa fiévreuse activité, souvent bien gênante pour le passant.
Selon Auguste Veller, le village date de 1872 et institué par un arrêté du gouverneur général en date du 25 Août 1880.
Siège de la commune mixte de la Soummam qui était à l’époque la plus peuplée de toute l’Algérie (120 000 habitants).
L’article ci-après expurgé du livre de Auguste Veller « Monographie de la commune mixte de Sidi-Aich » donne d’amples précisions sur son histoire.
Histoire locale jusqu'à nos jours :
 
On ne sait rien de précis concernant l’histoire de la commune mixte de Sidi-Aich, institué par un arrêté de M. le gouverneur général, en date du 25 Août 1880, la section européenne est d’une création trop récente pour posséder déjà un passé intéressant . Quant à la section indigène, elle est exclusivement constituée par des populations berbères, dont l’origine lointaine semble encore aujourd’hui bien ténébreuse.
Néanmoins à cause de sa proximité de Bougie, on peut admettre que notre commune a subi, en grande partie toutes les fluctuations politiques de l’ancienne Saldae.
Les vestiges d’une conduite d’eau romaine qui commençant à Ait Sreur, dans les Béni Djellil, aboutissait à Tubusuptus[1] ; les ruines mêmes que l’on admire encore aujourd’hui prouvent surabondamment l’existence de la domination Romaine dans la région.
Tour à tour soumises aux Vandales et aux arabes, la population de la commune de Sidi-Aich passe aux mains des espagnols, vers l’an 1510, et à celles des Turcs en 1555. Le gouvernement particulier qui régissait alors la province de Bougie, le Caïd Turc, comme on l’appelait, avait droit de vie et de mort sur elles, et la tribu des Sanhadja, de même que celles de la grande section des Ouled Abd el Djebar (Ouled Tamzalt, Barbacha, Ouled Ameur Youb, Beni Kharoum, Ouled Abd El Aziz, Beni Yemel) lui payaient les impôts et reconnaissaient sa suzeraineté.
 Les Beni-Ouaghlis[2] seuls surent, pendant cette période conserver leur indépendance et toutes les tentatives faites pour les emmener à composition échouèrent ; dés qu’ils savaient le commandant Turc de Bougie sorti avec ses troupes, ils abondonnent la vallée et se retirait sur les premiers contreforts de l’Akfadou, ou ils étaient à l’abri de ses attaques.
Au moment de la conquête Française, toutes les tribus de la commune étaient partagées comme celles des communes voisines, d’ailleurs, en deux Sofs : celui du haut (sof ou fellah) et celui du bas (Sof ouedda). Le Sof du haut composé des tribus des Beni Mançour supérieur(Naït el Hussein), Béni Ouaghlis (Açameur), Beni Djelil, Beni Bou beker, Mellaha et Sanhadja, faisait partie de la confédération des Zouaoua ou de la grande Kabylie. Celui du bas, composé des tribus des Beni Mançour inférieur (IKEDJANE) Beni Ouaghlis (Aït Mzalt et Tiouririne). Beni yemel, Beni Khateb, Guifcer, Barbacha et Ouled Abd el Azziz, Beni Kharoum, Ouled Ameur youb et Ouled Tamzalt à la confédération des dominateurs de la vallée du Sahel, Les Ouled Abdel Djebbar.
Ces alliances avaient pour effet d’assurer le concours d’une importante confédération dans le cas où une partie des confédérés avaient à vider, à main armée, un conflit avec leurs voisins. En temps de paix, chaque tribu reprenait son indépendance et même les fractions de tribus appartenant à des sofs différents , comme les fractions de Beni Ouaghlis et des Beni Mançour, s’accordait pour constituer une Djemaa unique chargée de régler administrativement et judiciairement les litiges pendants .


[1] Tubusuptus est actuellement TIKLAT, à 29 Km de Bougie, sur la rive gauche de l’oued Sahel. C’est cette cité qui, assiégée par le numide Takfarinas , placé à la tête des Misulanes , alliés aux Maures, fut délivrée par Dolabella, gendre de Cicéron (an 20 de notre ère).
[2] Actuellement Ath waghlis partagée administrativement à l’époque en deux sofs : Celui du haut Beni Ouaghlis (Açameur) et le sof du bas (Ath Mzalt et Tiouririne).

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