Actuellement beaucoup des Ath waghlis vivent en rive nord de la Soummam dans la basse Kabylie. Refoulés par l’invasion arabe en un refuge difficilement accessible, les Ath waghlis sans doute sont les premiers occupants de la terre qu’ils habitent tout comme leurs proches parents les Chaouias de l’aures, les touaregs du désert, les mozabites du sud Algérien ou les chleuhs de l’atlas marocain.
Dans cette contrée fermé ; aucun faste ; une race plébéienne, besogneuse et dépenaillée et pourtant son dénuement n’est jamais misère.
Par surcroît, grouillement intense de population, comme il arrive souvent dans les pays pauvres, par on ne sait quelle compensation de richesse.
S’expatrier fut de tout temps une nécessité vitale et « l’homme au ballot » d’autrefois s’est fait ouvrier d’usine ou colporteur : de là peut être cette instabilité légendaire des Ath waghlis.
Eux   mêmes le reconnaissent » ils tournent au moindre vent, comme les plumes de la queue du coq » ce n’est peut être qu’une spéciale facilité d’adaptation !
 
Faute d’avoir su, au cours des siècles, s’évader de leurs étroites lisières de montagnes et taire leurs mesquines rivalités de clans les Ath waghlis n’ont jamais joué un rôle de second plan. C’est un Echiquier de petites Républiques jalouses les unes des autres, dont le seul mérite est d’avoir duré. Eternels opposants ! Une âme antithétique, a-t-on dit très justement.
Mais l’islam a fait la conquête pacifique des Ath waghlis comme partout dans la Kabylie vers le neuvième siècle de l’hégire correspondant au quinzième de l’ère chrétienne, d’ après les traditions locales, des propagandistes originaires de SEGUIETE EL HAMRA, la rivière rouge prés des confins marocains, vinrent alors prêcher la pureté et la  foi islamique originelle  aux Ath waghlis jusque la voués au paganisme et au culte des forces de la nature. Des miracles répétés ayant prouvé leur pouvoir d’intercession auprès d’Allah, ces étrangers devinrent alors des Saints pour leur nouveaux adeptes et leurs tombeaux objet de vénération ; leur descendance compose la caste maraboutique bien distincte des ATH WAGHLIS et des kabyles en général au point qu’aucun mariage ne se conclut entre eux.
Les femmes des « marabouts » sont soumises à la claustration et ne sortent que voilées, comme les femmes arabes.
Signe évident de prestige : « Un marabout, fut il un enfant est toujours qualifié de « SIDI » ; il échappe également aux corvées que les villages s’imposent dans l’intérêt général.
 
Les ATH WAGHLIS sont musulmans, mais musulmans mitigés ; ils séparent en effet en partie tout au moins la loi civile du dogme religieux intimement associés dans l’observance normale. Manière d’hérétiques ou de demi convertis, leur religion est une accommodation de la loi du prophète à leurs coutumes traditionnelles qu’ils continuent à suivre en matière de mariage, répudiation ou héritage des femmes.
Quant à leur état social lors de leur islamisation : le village était le pivot de leur organisation : chaque agglomération veillait jalousement à sa sécurité propre ; aucun organisme n’était chargé d’assurer l’unité d’ensemble ni la police générale. Il en résultait un état d’alarme permanent : pour y parer , une réglementation quasi militaire et des coutumes draconiennes , qui ont d’ailleurs donné des résultats remarquables, au point de vue police locale par exemple.
La femme n’héritait pas, afin d’éviter que par voie indirect, un étranger ne pût prendre pied dans la communauté ; pour la même raison de protection, mariage et répudiation étaient régis par des lois sommaires donnant prépondérance entière à l’homme gardien de la cité.
Actuellement la région des ATH WAGHLIS est plus accessible aux influences extérieures.
En effet les coutumes locales, dont on retrouve encore de nombreuses traces, sont certes encore appliquées ,mais la femme est soumise à des règlements beaucoup moins sévères d’où découle une régression de la coutume initiale devenue source d'évolution et de progrès.

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