A l’époque où les andalous quittèrent l’Espagne, un certain nombre d'entre eux vinrent se fixer parmi les populations berbères, où ils ne tardèrent pas à acquérir une grande influence par leurs connaissances de la religion ou des lois islamiques. Hommes de paix, ils apportèrent Une médiation bienfaisante dans les luttes qui épuisaient le pays; ils y fondèrent  des établissements et ne tardèrent pas à être recherchés de tous, apportant ainsi un élément de plus dans cette société .

Au Sahara comme dans toute la Kabylie les marabouts font remonter leur origine à une migration venue de SEGUIETE EL HAMRA[1] du sud du Maroc.

 Ainsi, le Il résida d'abord à Moussa N’Ath Ouali, localité située au dessus d’Ichalladhene où il vivait retiré loin de la jouissance du monde, sanctifiant sa solitude par le jeûne et la prière.

Si Mohamed Saïd Ben Ali Chérif demeure alors le maître spiritual de l’époque par la valeur de son enseignement religieux.

Ainsi chaque frère quêteur part muni d’une lettre portant le cachet du Cheikh, sa circonscription est déterminée d'avance et partout le porteur de la bénédiction  (barrakat ech heikh) est bien accueilli. Grâce à la précieuse missive, il revient porteur des biens de toute espèce destinés ensuite à être répartis sur tous les malheureux du pays, ou à être consacrés aux étudiants, car on doit regarder comme une aumône agréable à Dieu le pain donné aux chercheurs de science. 

Si Mohamed Saïd ben Ali Chérif, taleb distingué, est un homme encore jeune, qui a rendu d’énormes services à la cause française dans le pays notamment dans l’oued Soummam à l’époque où BOU BAGHLA souleva les massifs de la Kabylie des Babors et des Bibans. Il Lorsque Bou Baghla exhorta les caïds à se joindre à lui dans l’insurrection c’est alors que Mohamed Saïd ben ali chérif tenta de dissocier ces manœuvres.

Dés lors, Bou Baghla attaqua Ichalladhene malgré le caractère religieux de ce village et afin de se venger sur l’abstention de son ralliement dans l’insurrection ; il rasa ses azibs et lui enleva ses troupeaux. Il ne doit sa vie qu’a l’intervention des gens d’IMOULA engagés dans l’insurrection.

Mais alors qu’il se rendait dans le territoire de Beni Abbés, son jeune fils fût arrêté et ligoté et promené à dos d’âne à travers quelques villages pour subir toutes sortes d’humiliations.

Cet incident avait failli provoquer une scission profonde dans les rangs des combattants engagés dans la lutte avec Bou Baghla .Des gens d’Imoula se dispersèrent pour tendre une embuscade à Bou Baghla  qui perdit huit hommes. Des marabouts intervinrent pour réconcilier les rangs ; on s’entendait pour relâcher le jeune Ben Ali Chérif détenu comme otage et on indemnisa les torts causés aux Imoulas.

Ben Ali Chérif demanda alors la protection de la France et il disait à un officier supérieur

 

 Le général Français remercie Ben ali Cherif de sa fidélité pour la cause Française et lui laissait à son entière disposition un contingents de soldats en attendant des renforts pour mener une offensive ». 

Ainsi la jonction du général Camou et du général Bosquet,   attaquèrent BOU BAGHLA et dispersèrent les kabyles qu’il était encore parvenu à réunir Ils  tuèrent une centaine d’hommes et lui prirent , sa tente et ses bagages. Le 15 Juin 1851, ils arrivèrent à Bejaia. La colonne se remit en marche le 18, s’étant renforcée de deux bataillons pris dans cette ville. Le 24 juin, elle bivouaqua à Ouzellaguen ; le 25, à Ghil N’tagha. Le 27, les Ath Ouzellaguen et les Ath Waghlis ayant reçu un renfort de Zouaoua environnantes, ne craignirent pas d’offrir le combat. Ils furent assez complètement défaits et se sont soumis.

Le 2 juillet 1851, les succès français ont rendu de l’influence à l’ami de la France Si ben Ali Chérif.  Les Illoula, les Ath Waghlis, les Ouzellaguen et quelques autres tribus, sont contraintes de former sous ses auspices, une fédération pour résister aux futures attaques de Bou Baghla. Si ben Ali  Chérif avait été vengé et réinstallé dans sa demeure. Le but qu’on s’était proposé de ce côté-là

Ayant donc été atteint, le général Camou retourna à Alger et le général Bosquet à Sétif, en même temps que le général Saint-Arnaud rentrait à Constantine.

Si Mohamed Saïd ben ali chérif n'en resta pas moins fidèle à la politique française et il fut d’un grand secours, car l'ascendant religieux de ce chef eut pu, tourner contre la France , créer de grands embarras.

Ainsi fut-il décoré de la Légion d'honneur lors d'un voyage qu’il fit Paris en 1851.

II serait étonnant à beaucoup d’égard de voir un marabout, un homme essentiellement religieux, auquel la tradition défend de quitter son pays, adopter des idées européennes.

Ainsi Si ben Ali Chérif, revêtu du haut titre de Bachagha, a épousé la soeur de Bou Akkaz ben Achour agha des Ferdjioua et il quitta alors Ichalladhene, pour descendre à l’azib à proximité d’Akbou ou il dispose d’une splendide résidence.

 

Si Mohamed Saïd ben ali chérif pour ne point se compromettre davantage à la fois aux yeux des insurgés et des autorités françaises quitta la Zaouïa et l’Azib pour rejoindre le cercle militaire de Aumale (Sour el Ghozlane) duquel il dépendait administrativement puis il rejoignit sa famille qui l’avait précédé à Alger ou il possédait également une belle demeure.

Invité par l’empereur Napoléon III à Paris il assista à la distribution des aigles le 10 Mai 1852.

Le caïd Chérif Ameziane Ben Mihoub qui tenta à son tour de prendre la relève et d’intervenir en faveur des français, dû quitter le pays à la hâte pour échapper à la vindicte populaire. Le caïd n’avait pas l’audience de Ben Ali chérif car il savait concilier sa position entre les insurgés et les français et c’est d’ailleurs ce que nous relaterons lors de nos prochaines pages d’histoires notamment le Bachagha ben ali chérif au moment de l’insurrection de 1871.

 


[1] Origine des marabouts déjà cités dans un article précédent

[2] Après l'insurrection de 1871, plus de six cent mille hectares de terres étant entrés dans le domaine de l'État par suite d'appositions de séquestre, des mesures nouvelles furent prises pour la création de centres et la distribution des terres (Décrets des 10 octobre 1872 et 15 juillet 1874). Les lois des 21 juin 1871, 15 septembre 1871 et le décret du 16 octobre 1871 ont concédé des terres non seulement aux AIsaciens-Lorrains mais également à beaucoup d’amis de la France et leur ont même fourni des ressources pécuniaires pour leur 'installation. 

  

 

 

 

 

 

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