Le 2 Janvier 1852 le général BOSQUET écrit entre autre ce qui suit dans son rapport :

«
Sur les rapports très inquiétants du colonel de Wengy, je suis parti comme vous le savez le 18 de Sétif et je suis arrivé avec 1200 baïonnettes, le 4eme jour sur l'oued Soummam.
Tout le haut de la rive gauche, jusqu'au Fenaîenne était à Bou-Baghla, les Ath Waghlis n'écoutaient plus ni Bougie, ni le vieux hadj Nath Hammiche. Le makhzen de Bougie et quelques contingents étaient en position chez les Fenaîenne, autant pour les maintenir que pour les défendre. Si chérif Améziane, d'El-harrach, fut envoyé le 21 Janvier au soir afin de rassembler tout son monde et de border la rive droite. Le lendemain matin, en face des Ath Waghlis ; tout ce que j'avais chez les Fenaîenne de cavaliers indigènes eut ordre de remonter la vallée à mi-cote et je partais moi-même à la petite pointe du jour, avec les goums de Sétif, les chasseurs, les Spahis et 4 compagnies d?élites sans sac. Remontant la vallée par la route centrale nous arrivâmes ainsi jusqu'au village d'El Flaye au centre des Ath Waghlis ».
Bou Baghla, après avoir brûlé Aguemoun et Tifra s'était installé chez les Ath Mansour d'où il envoyait des émissaires auprès des localités amies, des encouragements à tenir ferme et à des tribus soumises aux Français des menaces.
Le général BOSQUET mis au courant de ces démarches fit avertir toutes ces tribus que si elles bougeaient, elles se verraient toutes détruites de fond en comble.
Ainsi il leur adressa des remontrances pour avoir soutenu Bou Baghla et les obligea à la corvée général en effectuant les travaux d'ouverture d'une route de Ksar-Kebouche et Bougie suivant l'ancienne voie Romaine (Route actuelle d'Alger par yakouren).
En cours de ces travaux le Général BOSQUET fut victime d'une catastrophe provoquée par une violente tempête de neige et il serait mort sans l'assistance du soldat Minot, qui le releva et l'aida à marcher (
Cliquez ici pour consulter en détails la catastrophe provoquée par une violente tempête des neiges raconté par Yvan Comolli)
Le 21 Juillet 1852, Bou Baghla ressembla ses contingents pour attaquer les Ath Ouakour et les chorfa, mais il changea de direction, il se jeta sur les gens de Taourirt ou Abla village des Ath abbés s'empara de plusieurs troupeaux tua huit hommes parmi lesquels le fils du marabout Si Mohamed ou El Mouhoub, emmena quatre prisonniers blessés ; se jeta du coté d'Akbou ou il engagea bataille avec les Ath aydel ; il rentra ensuite chez les Ath mellikeuche.
En avril 1854 Bou Baghla se tenait toujours chez les Azouguen dirigeant les opérations. Le capitaine Wolf fit attaquer le village d'Abizaz des Ath Djennad. Ceux- ci ne reculèrent pas d'un pouce sans avoir éprouvé la moindre perte. Le village d'Akoura et des Ath bou Hini poursuivent la lutte avec succès.
D'autres Goumiers commandés par un officier français partirent à l'assaut d'Il Maten qu'ils occupèrent parce que aidés des tirs d'artillerie de l'armée coloniale. C'est là que Bou Baghla fut blessé au dessus de l'oeil gauche sans gravité puisqu'il poursuivait sa campagne sans montrer la moindre défaillance.
Les villages qui soutenaient Bou Baghla furent incendiés, les populations se réfugièrent dans les villages voisins hors de portée des tirs d'artillerie.
En Mai 1854, les troupes envahirent en même temps toutes les contrées Kabyles, on fit brûler des villages saisir du bétail et emporter des objets précieux, détruire les vivres : Femmes et enfants à l'approche de l'ennemi étaient évacués dans les forets inaccessibles. La résistance des villages fut partout héroïque en dépit des moyens dont disposait chaque combattant face à l'ennemi en possession d'une artillerie de montagne qui détruisaient maisons et abris.

Ce fut à cette époque que lalla Fathma N'Ath Soummeur se distingua dans la défense de son village. Le village de Soummeur de Ath Idora, se trouvait derrière la ligne de défense établie par les kabyles de Tazrout
Bou Baghla s'était réfugié chez les Ath yenni qu'il quitta le 6 Novembre 1854 pour se rendre de nouveau chez les Ath Mellikeuch ou il habita la maison de si Ali ou Abdellah, il s'arrêta en passant chez lalla fathma N'Soummeur.
Bien plus tard, un événement fortuit vint bouleverser la situation car Bou Baghla aurait été trahi et assassiné par un notable qui aurait été gagné par le Caïd Lakhdar El Mokrani.
Sa femme Yamina alla demander alors asile à Lalla Fathma N'Soummeur, elle demeura chez elle avec sa fille, sa mère et sa soeur jusqu'en 1857 date à laquelle Lalla Fathma N'Soummeur fut faite prisonnière. Yamina bent Hamou ou bali se remaria plus tard avec un spahis en retraite nommée Si mohand Arezki des mechtras ; Cherifa, la fille de Bou Baghla épousa Si Mohand Tayeb de Tizi Ouzou et les pèlerins revenus de la Mecque affirment avoir rencontré le Fils de Bou Baghla marié avec la fille de Moulay Ibrahim.
Ainsi se termina l'épopée de Bou Baghla vaincu, non par les troupes françaises seules(1), mais aussi par l'appui apporté par les harkis, les goumiers aux troupes coloniales : Il succomba battu aussi par les rivalités tribales souvent ancestrales ; cette division à en croire un vice congénital du peuple kabyle, permit aux envahisseurs de s'établir et de durer dans le pays.

(1)

 Mostefa lacheraf dans son livre, Agressions, résistances et solidarités intercontinentales précise en page 48 :

« Ce sont les deux frères de Hadj Mohamed El Mokrani, ses cadets lakhdar et Boumezrag tous deux caïd au service de la France qui contribueront personnellement en 1854 à l’arrestation de Bou Baghla et aux circonstances peu reluisantes de son exécution :

La tête de l’indomptable insurgé de l’Oued Soummam fut coupée très rapidement et exposée plus tard par les Français avec ses armes et son Cheval successivement sur le marché de Bordj Bou Arrerridj et de Sétif ».

 



 

 

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