C’est un homme d’une quarantaine d’année, qui fit son apparition dans le cercle d’Aumale (Sour El Ghozlane) en 1849, il faisait fonction de Taleb, écrivit des talismans, soignait des malades habités par des « DJINS »etc. … Il allait de village en village monté sur une mule grise ce qui le fait appeler BOU BAGHLA on ne le connaissait alors que sous ce nom. Ses tournées provoquent souvent l’enthousiasme dans les villages qu’il traversait inquiétant grandement les autorités des bureaux arabes de la région de SOUR EL GHOZLANE. Des ordres furent donnés alors pour le faire traquer partout et le faire capturer. Prévenu par ces partisans il alla se réfugier en Kabylie à la KELAA BENI ABBES chez si Ahmed Ben Haroun. 

Comme sa présence ne fut pas admise par tous, Bou baghla prit contact avec une autre tribu kabyle les Ath Mellikech qui lui offre son hospitalité le 24 Février 1851. 

De Sétif à Aumale (Sour El Ghozlane) arrivèrent en Mars 1851 d’importantes troupes coloniales qu’on répartit dans les Bibans sur les hauteurs de ATH MANSOUR et en amont d’Akbou. Bou Baghla organisa alors son action dans les profondeurs de la vallée de la Soummam encourageant ses partisans et exhortant les caïds à se joindre à lui. Il déclara non valable l’AINAYA contre les opposants.

Ainsi, les Ath waghlis, Imsissen, Ath Himel de la région de Bejaia se joignirent à lui. Chaque village versa spontanément sa contribution à la caisse collective. Le mouvement reprit son ampleur des meilleurs jours et s’étendit profondément dans le pays. 

Il convient de rappeler au préalable que les tribus évoquées attendait ce moment propice pour se venger parce qu’elles ont subi plusieurs razzias menées depuis le 21 Janvier 1850 par le lieutenant Beauprêtre, brûlant des villages et s’emparant de leurs maigres troupeaux. 

Il en résulta depuis lors un mécontentement et les Ath waghlis, les Ath Himel et Tifra attaquèrent le 21 Mai 1850 la colonne du Général Barral : celui-ci fut mortellement blessé, mais la victoire demeura dans son camp. 

Ainsi, le 10 avril 1851, des contingents de Zouaves comprenant environ 450 fusils conduits par un des fils de si el Djoudi arrivèrent à Selloum. Bou Baghla le rejoignit et s’installa au dessous de TAKERBOUST. Le jour suivant les contingents des patriotes grossirent encore et 4000 d’entre eux allèrent attaquer le village des Ath - Ikhlef tout prés de l’oued Soummam ou ils prirent 25 bœufs et incendièrent le village. 

Le Colonel d’Aurelles commandant le secteur les poursuivit quelques temps, puis se porta sur Selloum où Bou Baghla s’était retiré. Ce village était bien gardé et bien fortifié ; quand les troupes ennemies firent leur apparition, elles furent reçues à coups de fusils derrière des retranchements exécutés avec soin depuis longtemps par ses habitants. Deux obusiers placés à TAKAROUIT au sud du village et qui le domine occasionnèrent beaucoup de dégâts dans le village.Des brèches ouvertes par les obusiers, les assaillants pénétrèrent dans les rues du village : Un corps à corps s’ensuivit. Les troupes ennemies renforcées par des renforts venus des Ath Mansour obligèrent les résistants à lâcher du terrain et se replier, abandonnant leurs morts et blessés graves .Les troupes ennemies laissèrent sur le terrain beaucoup des leurs, dont le lieutenant Husson et 32 sous officiers plus ou moins gravement atteints. Selloum fut livré aux flammes. 

Tous ces succès de Bou Baghla ne laissèrent pas indifférent les autorités militaires de Bejaia.Le 8 Mai 1851, à la tête d’un bataillon, le commandant Wengy accompagné du caïd des mazayen et de Ahmed el Kollil, cadi de Bejaia se rendirent au marché d’EL Kseur sonder l’opinion et exhorter les populations à combattre les « rebelles ». En cours de route, ils rencontrèrent le caïd Cherif Améziane Ben Mihoub et trois de ces serviteurs, visages bouleversés, monture trempées de sueur qui fuyaient à grande allure vers Bejaia. Après les avoir tranquillisés, de Wengy les invita à rejoindre sa colonne .Arrivés au marché, les troupes postées à toutes les issus interdisent toute sortie, obligèrent l’assistance à écouter les visiteurs. Le caïd Bouzid et le cadi El Kolli prirent successivement la parole pour exhorter la population à respecter l’autorité Française et à combattre les dissidents d’où qu’ils viennent et qui que ce soit. Devant le silence et l’indifférence générale de ses auditeurs, le caïd Bouzid pris de rage, demanda à l’officier français de les mitrailler immédiatement et de courir incendier leurs villages ; Ce n’était pas l’envie qu’il lui manquait, mais le commandant Wengy savait qu’avec ses effectifs présents aucun de ses hommes ne sortirait vivant en cas d’accrochage, aussi préféra –t-il maîtriser sa colère et rebrousser chemin. 

Le lendemain le 9 Mai, le commandant Wengy repartit pour tirer vengeance, à la tête d’une imposante colonne formée en bataillon de 5000 hommes, une compagnie de discipline de 100 hommes, deux obusiers de montagne, vingt cinq chasseurs d’Afrique et une vingtaine de saphis, sans compter les goumis fournis par les caïds du voisinage. 

L’ennemi se voyant enveloppé de toutes part, décida de se replier dés l’aube. A 10 heures, à peine rentré en garnison, les soldats reçurent l’ordre de se remettre en campagne .Les groupes de résistant qui avaient suivis cette retraite, débouchant dans la pleine de Bejaia par le passage de Bir Salem et le plateau d’Ighil Ou azzoug dévastèrent et incendièrent les maisons et les récoltes appartenant aux colons. S’étant déployé en grand demi cercle dont les ailes s’appuyaient au plateau de Bir Salem et aux conforts que domine Fort Clauzel, ils avancèrent en criant « ALLAH OU AKBAR » C’est ce qui explique le retour immédiat des troupes rentrées en garnison. Ceux qui déclenchèrent en masse une contre offensive, les patriotes repoussèrent ces assauts sans céder le moindre pouce mais perdirent ce jour là beaucoup des leurs du fait de la supériorité matériel de l’ennemi. 

Le 1er Juin 1851, Bou Baghla reparut à la tête d’une troupe qu’il avait rassemblée à Oued Ghir, Il campa tout d’abord à Ain Anou, puis effectua quelques mouvements vers le nord en attendant que les volontaires attendus eussent rejoint leur poste. 

Les Généraux Camou et Bosquet, informés de ces mouvements s’y rendirent immédiatement à la tête de 6000 hommes. Battus et ses troupes dispersées Bou Baghla se retira sur les hauteurs d’Ouzellaguen ou les gens d’Ighil N’Tara lui offrirent soutien et hospitalité.

 

 

 

 

 

 

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