Certains territoires sont prédestinés comme emplacements de cité. Au cours des siècles, des événements imprévus semblent parfois contrecarrer la nature, mais celle-ci finit toujours par reprendre ses droits imprescriptibles et, sur les cendres du passé, renaît une ville nouvelle.

 Bougie, Bejaia ou Vegaiet  est du nombre ; un mouillage réputé, l’embouchure voisine d’un long fleuve, la proximité de population nombreuse, l(aboutissement d’une voie historique desservant de hautes plaines fertiles, autant de raison pour imposer à jamais à ce petit coin de terre une importante agglomération urbaine.

Entrée dans l’histoire avec des colonies phéniciennes, semées au long de la méditerranée, VEGAIET fut tour à tour berbère, Romaine, Vandale, Byzantine, Arabe espagnole et Turc pour subir en dernier lieu la colonisation Française.

Glorieux passé qu’un somptueux décor de mer et de montagnes de mer et de montagne rehausse de l’incomparable attrait de sa grâce !

Au premier abord, visiter VEGAIET paraît entreprise difficile, tant le sol est dénivelé et la circulation pénible, parmi tout un dédale de rues étroites et déclives. En réalité aucune citée n’est plus ramassée et quelques heures suffisent pour en voir l’essentiel. Mais combien de jours pour en approfondir le détail !

Dominant les parages plaisants de la gare, tout prés de l’emplacement, maintenant ensablé, de la petite plage où les galères romaines venaient s’abriter et où les corsaires turcs entreposaient dans la « dar essanâa » l’atelier, la darse, les bois de mâture exploités aux flanc du Bâbord, un énorme assemblage de briques rougeâtres, la casbah espagnol à l’allure inquiétante, fait penser aux temps de l’inquisition. Ensemble difforme de lourds bastions, de tourelles allongées et de haut remparts derrière lesquelles pendant prés d’un demi siècle (1510-1555)., les soldats des Rois de Castille, chargés seulement de tenir en repaire de corsaires  et peu soucieux d’entrer en relations avec les infidèles d’alentour, ont monté une garde sans répit et mené la vie pénible des places assiégées .

  LA PORTE SARRASINE.

 La porte sarrasine, disgracieuse poterne au fronton puissant date du milieu du onzième siècle, époque à laquelle VEGAIET était capitale du Royaume Hammadites, sous le règne d’Ennaceur.

Des maçons envoyés d’Italie par le pape Grégoire VII avaient établi le tracé de remparts démesuré dont l’immense enclos se couvrit bientôt de palais somptueux et de nombreuses mosquées parmi de luxuriants jardins.

A l’apogée de sa puissance, VEGAIET comptait plus de 150 000 habitants et dominait tout le pays compris entre Tenes et la Calle. Ses commerçants étaient en rapports d’affaire avec les principaux ports de la méditerranée ; la pléiade de savants et d’artistes qu’elle abritait en faisait la rivale de Baghdad.

Ephémère splendeurs ! Tombée aux mains des Almohades en 1152, VEGAIET était saccagée, de ses fastueux monuments, il ne restait bientôt plus que deux portes massives et quelques lambeaux de rempart.

Le 29 septembre 1833, le général TREEZEL débarquait avec les colonies Françaises qui envisageait dés lors de faire de VEGAIET un chef lieu du département Kabyle.(Cliquez pour lire l'article relatif au  général TREZEL lors de la prise de BOUGIE).

 L’OCCUPATION ROMAINE.

 Longue pourtant de quatre siècles, elle a laissé peu de souvenirs intéressants ; sous le nom de Saldae, VEGAIET fut l’une des premières colonies fondées après l’annexion de la Mauritanie , au début de l’ère chrétienne : le primitif emporium devint bientôt place forte entourée de murailles. Une conduite d’eau de vingt et un kilomètres alimentait la ville par le moyen d’importantes citernes encore utilisées.

 Un peu plus, la place Gueydon, porte le nom de l’amiral, devenu Gouverneur Général qui avait projeté de créer de VEGAIET une importante base maritime, à mi parcours entre Tunis et Oran.

  

 

 

  

 

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