Star du passéLa position géographique de Béjaïa et sa renommée ont permis à des savants musulmans et non musulmans d’y séjourner. Et de jouer un rôle important dans le développement de la vie intellectuelle, la diffusion et la transmission du savoir culturel, scientifique et religieux. Les noms et les réalisations de ces savants sont mis en exergue dans la deuxième partie de l’ouvrage. Ibn Raqqam al andalouci (d. 1315) s’est initié à l’astronomie dans cette ville où il rédigea «al-Zij a-shamil fi tahdib al-Kamil» (La Table complète) dont la troisième partie comprend les tables astronomiques (Zij) dont la fonction consiste à prévoir les événements célestes tels que les éclipses et le mouvement des planètes. C’est également lors de son séjour à Béjaïa vers 1200 que l’Andalou Ibn Arabi (Murcie, 1165-Damas, 1241), théologien, juriste, poète et métaphysicien de renommée, eut une vision qu’il consigna dans son ouvrage «Al-Futuhat al-Makkiyal»(1203-1238). Le réformateur berbère musulman Al Mahdi Muhammad Ben Tumart (né entre 1075 et 1097 et décédé en 1130) a vécu à Béjaïa et sa région (Mellala) pendant de nombreuses années. Sur le chemin du retour de Baghdad où il a étudié les sources du droit musulman (fiqh), il fit une halte à Béjaïa où il enseigna la religion en langue berbère à la mosquée Al Rayhana. Contraint de quitter cette ville, il trouva refuge dans l’oratoire de Mellala. Le mathématicien italien Leonardo Fibonacci (1175-1250) a vécu quelques années à Béjaïa où son père tenait un comptoir de commerce. Son livre sur les calculs et la comptabilité, «Liber Abaci» (1202) a été influencé par son expérience dans cette ville. Ce savant est connu pour avoir diffusé les chiffres arabes à Pise. C’est en sa qualité de panégyriste à la cour hammadite que le sicilien Ibn Hamdis devint poète attitré du prince Al Mansur et de son vizir Ali b. Hamdun. Ses poèmes élogieux sur le palais du prince renseignent sur les traditions artistiques de la cité. Le juriste Adb ar Rahman al Waghlis, originaire de Sidi Aïch et issu de la tribu des Ath Waghlis, a séjourné à Béjaïa vers la moitié du XIVe siècle(1).

Il est connu comme l’auteur de la Waghlisiyya (al Muqaddima al Fiqhiyya) et le fondateur d’une école de jurisprudence qui avait une grande renommée et influence(2). Le philosophe catalan, Raymond Lulle a effectué plusieurs voyages à Béjaïa. Il reste, de ses séjours dans cette cité, ses célèbres «Disputes» avec des savants musulmans (1307). Le botaniste, herboriste et pharmacologue andalou, Abu Muhamad Addullah Ibn Dia Uddine al Andalusi al Malagi alias Ibn al Baytar est connu pour avoir étudié et décrit plus de 1400 plantes médicinales. 300 étaient alors complètement inconnues. Sa passion pour la recherche de nouvelles plantes l’incita à entreprendre un long voyage à travers plusieurs pays dont Béjaïa et sa région où il identifia plusieurs plantes. C’est dans son ouvrage intitulé Kitab al Jamii li Mufradat al adwiya wal Aghdhia (Recueil des remèdes et aliments simples), imprimé en 1291, H. qu’Ibn al Baytar consigna les noms, propriétés et vertus des plantes médicinales découvertes lors de son séjour à Béjaïa.

 

Béjaïa, Centre de Transmission du Savoir, sous la direction scientifique de Slimane Hachi et de Djamil Aïssani, CNRPAH, 2008 (première édition), 2011 (seconde édition).

Pour 1 et 2 , suivre les liens pour plus de compréhension.

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