abdelhafid IhaddadenIhaddaden Abdelhafid a participé au renforcement de la Fédération du FLN activant en France. Il fut chargé, alors, d’assurer la liaison avec certains pays de l’Europe centrale, et cela, en vue de l’achat des armes et de l’accueil des blessés.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Abdelhafid Ihaddaden fut le premier ingénieur atomicien algérien. Bien plus, il fut le premier citoyen du "Tiers-Monde" à être diplômé en Energie nucléaire.

Issu d’une famille de jurisconsultes, Abdelhafid a vu le jour le 09 mars 1932, à Sidi Aïch où son père Mohand Saïd exerçait les fonctions de Cadi-notaire.

Son parcours scolaire a été riche et brillant. Il a fait ses études primaires à Tahér (Jijel) de 1938 jusqu’à 1943.Ensuite, de retour au village de ses parents, Toudja, Abdelhafid entame ses études secondaires au collège de Bougie (l’actuel Ibn Sina) et cela de 1944 à 1953.

Puis, il part à Sétif, avant de s’envoler vers la France où il continue ses études supérieurs à l’école des Arts et Métiers de Paris (1953-1956). La dernière étape de son Cursus scolaire fut à Prague (Tchécoslovaquie) où il était étudiant en Génie nucléaire.

Sensible à la cause nationale, l’enfant de Sidi-Aïch Daïra du chef-lieu de la wilaya de Bgayet, a rejoint le FLN dès 1956, et a milité au sein de l’UGEMA (Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens). En outre, Abdelhafid a participé au renforcement de la Fédération du FLN activant en France. Il fut chargé, alors, d’assurer la liaison avec certains pays de l’Europe centrale, et cela, en vue de l’achat des armes et de l’accueil des blessés.

Imbu d’un patriotisme ardent, que lui reconnaissent ceux qui l’ont côtoyé, Abdelhafid n’assistera, malheureusement pas à l’indépendance de son pays. En effet, l’avion " ILYOUCHINE 18 " de la compagnie tchécoslovaque assurant la liaison Prague-Bamako via Rabat et qui transportait Abdelhafid en compagnie de ses deux amis étudiants (Djelloul Mered et Hocine Mouffok) a explosé au-dessus de Casablanca le 11 Juillet 1961.

journal sur abdelhafidC’est ainsi qu’a péri le patriote et le scientifique Abdelhafid Ihaddaden. Pour son frère, l’historien Zahir Ihaddaden et les anciens responsables du MALG, cette explosion est incontestablement l’œuvre des services spéciaux français.

C’était un crime minutieusement organisé. Tout a commencé avec le contrôleur aérien qui a fait " valser " l’ILYOUCHINE 18 entre trois aéroports, affirme-t-on. Ensuite, les pompiers qui mettent quatre heures avant d’arriver au sur le lieu drame, afin, bien sûr, que tout soit calciné. Enfin, le chauffeur du porte-char transportant les débris, pourtant carbonisés, de l’avion, qui a trouvé le " génie " de provoquer un accident. Le jeu était clair : Aucun survivant et aucune trace ! Il est à signaler, toutefois, que les cendres du chahid Abdelhafid reposent, depuis le milieu des années 1980, au Carré des Martyrs d’El Alia.

Aussi, et sur l’initiative de son frère Zahir, un hommage lui a été rendu, il y a quelques semaines et après cinquante ans de sa disparition, à l’auditorium de l’ancienne RTA. Mais, l’on déplore qu’aucune rue, aucune école ou institut de formation ne porte le nom de ce chahid "qui voulait ouvrir les pages de l’histoire à la puissance de l’atome en faveur de son pays au lendemain de son indépendance".

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