LES ATH WAGHLIS EN EUROPE,
 
Même s’ils persistent à vivre en un cycle fermé, les Ath waghlis occupent quelque régions de France, leur intégration complète serait sans doute affaire de relativement peu de temps ; par la force d’un voisinage et d’un exemple immédiats auxquels ils ne pourraient se soustraire et qu’a vrai dire ils recherchaient même.
Composant, au même titre que la majorité des habitants de l’Espagne, de l’Italie et de la France, un des éléments de la race méditerranéenne, les Ath Waghlis méritaient déjà d’entrer en nombre et sans délai dans la cité Française, si l’on tient uniquement compte de leur évolution individuelle, et de leur formation sociale en rapport avec leur développement intellectuelle.
 
Ainsi le recensement de 1911 en France indique que les ouvriers européens sont au nombre de 84 524 répartis dans les chemins de fer , les fabriques de tabac, les entreprise mécaniques , les ateliers artisanaux. Les fonctionnaires, cadre et employés sont de 38 899. A la même époque, les ouvriers Algériens (majorité iwaghlisssen) sont de 64 183 pour 21 634 employés. Il s’agit bien sur des salariés non agricoles.
Au recensement de 1948, les chiffres correspondants ont évolué de la façon suivante : En ce qui concerne les européens, 91 260 ouvriers (une très faible augmentation) et 99 056 fonctionnaires, cadres et employés (le double des effectifs de 1911). Du côté Algérien 212 723 Ouvriers (remarquez que le chiffre a triplé) et 43 307 fonctionnaires, cadres et employés (Résultat au 31 octobre 1948).
Ceci prouve sans équivoque que la France est bel et bien bâtie notamment par des Algériens, mais pendant la guerre de libération il y a eu maturité de sentiment patriotique avec le retour des travailleurs de France dont les quasi majorité sont des Ath waghlis ;
Ainsi 4217 Algériens sont de retour en Février 1955 et 8756 en février 1956, ce qui a incité ROBERT LACOSTE de soumettre en vertu des pouvoirs spéciaux tout entrée en Algérie à une autorisation préalable. D’autres travailleurs tentent de rentrer par la Tunisie, repérés ils sont tout de suite rembarqué pour la France. 
Parmi ces Algériens : il en est qui ont fondé des familles Françaises, loin de leur terre natale et ils sont nombreux qui ne reviendront plus comme la famille de MARCEL MOULOUDJI originaire d’El flay d’ailleurs lui-même né à Paris le 19 septembre 1922 et qui s’éteint le 14 juin 1994 sans jamais avoir eu la possibilité de connaître les siens malgré sa clandestinité durant la deuxième guerre mondiale.
En France, il est vrai que la communauté des kabyles, n’est plus cette classe d’ouvriers qu’elle était voila des générations. Forte de ses cadres supérieurs, de ses chefs d’entreprise et de ses créateurs, elle investit lentement mais sûrement dans les fonctions libérales.
Précieux exemple à jamais perdu pour la terre des Ath waghlis !malgré que beaucoup d’entre eux avaient cru pouvoir installer dans la maison de leur père, la femme épousé en France ; hélas à moins de vivre en dehors du milieu les résultats sont désastreux, les convenances locales finissent toujours par l’emporter sur les meilleurs intentions.
Mais en définitive la grande majorité de ces évolués d’un moment ne peut résister longtemps au mystérieux appel de la terre natale.
De retour son beau costume perdra bientôt ses plis par le défrichement des champs : la poussière et le temps lui enlèveront son éclat ; c’est alors qu’il ressortira sa valise sur l’akoufi pour s’en aller de nouveau.
Mais tôt ou tard, ce waghlis sera ramené auprès des tombes des aïeux, fut ce en un cercueil que l’on brise à l’arrivée pour réaliser tout simplement la sépulture traditionnelle après être atteint d’une maladie professionnelle incurable ou tout simplement mort aux alentours de l’opéra, sur les grands boulevards vers la place de la République, au quartier latin aux portes de Paris ou jeté carrément à la seine comme ce fut le cas le 17 Octobre 1961.

Tag(s) : #AIT-DAOUD

Partager cet article

Repost 0